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Le voyage en Croatie

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29 mai 2010 : L'Etna

Ce matin, nous voila partis pour la visite du dernier volcan sur notre parcours et certainement le plus impressionnant : l'Etna, plus haut volcan d'Europe. Il culmine à 3350 m, occupe une surface de 1250 km2 et est l'un des plus actifs au monde.

Il entre régulièrement en éruption, provoquant souvent d'importants dégâts aux installations construites sur ses flancs.

Deux types d'excursions sont organisées. L'une passe par le versant sud, permettant d'accéder au sommet du cratère en empruntant des bus 4x4 et le télécabine. L'autre passe par le versant nord. Les bus 4x4 permettent de monter jusqu'à l'observatoire vulcanologique à 2800 m d'altitude. Ensuite un chemin permet de rejoindre le sommet du cratère à 3350 m.

Après discussions avec plusieurs personnes, nous choisissons de gravir le versant nord pour admirer les coulées de la dernière éruption. Nous n'irons pas au sommet qui culmine trop haut. J'ai déja ressenti les effets que peuvent avoir les fortes variations d'altitude lors de séjour au ski : difficultés à respirer, sensation d'oppression, fatigue peuvent arriver brutalement lorsqu'on passe la barrière des 3000 m. De plus, ici partant du niveau de la mer nous supporterons une variation importante en quelques heures sans laisser au corps le temps de s'habituer. Il me parait raisonnable de nous limiter surtout avec un enfant de 9 ans (pardon 8 ans 1/2 comme il le dirait lui-même).

Malgré tout, Marie et moi aimons la marche à pied. Je trouve que l'ascension d'un site comme celui de l'Etna doit se faire à pied pour avoir le temps de profiter du paysage et pouvoir ressentir l'atmosphère si particulière qui y règne. Par ailleurs, le dénivelé (1000 m) et la distance à parcourir (moins de 10 km) ne me semble pas insurmontable. Nous avons déja effectué ce type de parcours et Célian (le plus petit) a de belles capacités physiques. A 4 ans il était déja capable de marcher 15 km sur une journée avec un denivelé raisonnable.

Et enfin, dernier argument et non des moindres : l'ascension organisée coûte 75 Euros par personne. Je sais Marco je suis un pingre mais tu reconnaîtras quand même que c'est difficile à faire passer dans le budget.

Nous voila donc à 9h30 à remplir le contrat de location de la voiture. Pour vérifier une dernière fois nos informations, j'engage la conversation en anglais :

Cette petit phrase s'est mise à tourner en boucle dans ma tête. Voyons voir serais-je en train de faire une bétise ? Bien entendu je n'ai pas traduit cette conversation, préférant préserver le moral des troupes. Et puis me sont revenu en mémoire ces discussions avec des personnes à qui j'ai souvent demandé mon chemin dans la rue (histoires vraies, j'insiste) :

Et je me suis à nouveau fait cette réflexion : nous vivons une époque où le goût de l'exercice s'est perdu pour beaucoup. Ce qui aurait été pour tous une petite promenade il y a 100 ans devient aujourd'hui une expédition insurmontable pour ceux qui prennent leur voiture pour aller acheter le pain au coin de la rue (si si, nous avons des exemples). Alors en avant, il sera toujours temps de faire demi-tour si c'est vraiment trop difficile.

Presque une heure de route plus tard, alors que nous étions encore loin du cratère central, nous avons observé ce que j'ai d'abord pris, de loin, pour des coulées de boue. Arrivés plus près j'ai dû me rendre à l'évidence, il s'agissait de coulées de lave datant certainement de l'éruption de 2002. Nous étions à plusieurs kilomètres du cratère principal et l'ancienne route avait été entièrement détruite. Nous empruntions la nouvelle route construite par dessus la coulée.

Après nous être garé au parking de Piana Provenzana, fait quelques emplettes au magasin de minéraux du coin (très sympa le petit gars), mémorisé le point de départ dans le GPS (1800 m d'altitude), nous sommes partis à 12h le long du chemin emprunté par les bus tout terrain. Il est bordé d'arbres blanchis et de montagnes de scories. Les arbres ici illustrent bien la chance et la malchance. Certains ont été brulés alors que la coulée s'est arrétée à leur pied et d'autres ont été épargnés parce que la coulée est passée à quelques dizaines de centimètres de part et d'autre du tronc sans le toucher.


Vidéo : Les arbres (15 s)

Un premier bus 4x4 nous dépasse et je tente un salut en direction du chauffeur. A son regard et son absence de réaction j'ai l'impression que nous ne sommes pas les bienvenus. Puis un deuxième arrive, et je recommence ma tentative de contact qui est récompensée par de grands signes amicaux : voila une nouvelle fois la preuve qu'il ne faut pas se fier à une seule expérience.

J'observe mes troupes, et pour l'instant, tout va bien. La pente est forte mais tout le monde avance sans protester. Je suis quand même un peu inquiet, nous n'allons pas bien vite. Après 1h 1/2 de marche, nous ne sommes qu'à 2300 m d'altitude. Il nous reste 500 m de denivellé à parcourir. Alors je pousse tout le monde en rappellant que nous avons encore du chemin à faire. Pour compléter le tableau un vent fort s'est levé de face bien entendu, rendant la progression beaucoup plus difficile. La casquette de Célian s'envole, puis la carte de l'Etna et enfin mon chapeau, m'obligeant à chaque fois à partir en sprint après le fuyard. La carte a d'ailleurs mal vécu son envolée après sa rencontre avec des scories mal intentionnée. J'ai dû lui appliquer plusieurs points de suture pour qu'elle reste lisible.

Après un repas rapide, nous sommes repartis toujours avec le vent de face. Sur la digestion notre pas est devenu plus lourd. Damien me demande régulièrement où nous en sommes : 2450 m, nous avançons au moins aussi vite que les tortues rencontrées entre Ustica et Vulcano !

Finalement vers 2500 m Célian craque. Ca faisait un moment que je voyais Marie, en arrière, l'encourager, lui prendre la main, mais ça ne suffit plus.

Pour l'aider je lui propose un marché : je le porte aussi longtemps que je le peux et ensuite il fait l'effort de marcher. Marché conclu, nous repartons, moi lesté avec un paquet de nerf de 25 kg qui me tire les cheveux, me met les doigts dans les yeux et tortille son coccis pointu sur mes épaules déja malmenées par le sac à dos. Au bout d'une centaine de mètres de denivellé, le coeur à 180 pulsations par minute je suis obligé de rendre les armes. L'altitude commence à faire son effet et entre la pente et le vent l'effort devient difficile.

Je me déleste, nous repartons, et Célian, après ce petit repos, remplit sa part de contrat et repart vaillament à l'assaut du chemin. Nous sommes à environ 2600 mètres. A ce moment la je pensais que l'observatoire était à 2900 m (erreur sur une documentation) et qu'il nous restait donc 300 m à faire.

Un moment après, j'ai proposé une halte gouter pour réconforter tout le monde et Damien nous a donné ses impressions : 14 ans aujourd'hui.

Vidéo : Le gouter

Peu après être repartis, nous avons croisé un bus 4x4 qui redescendait. C'était le chauffeur qui s'était montré amical au début de la montée. Voyant notre fatigue, il s'est arrété et m'a gentiment fait signe de monter pour nous ramener en bas. Toujours par signe j'ai refusé lui montrant clairement que nous voulions continuer à monter. J'ai vu de la compassion dans ses yeux et je me suis demandé s'il n'allait pas appeler les services de protection de l'enfance en arrivant en bas !

Damien qui a suivi la scène d'un regard médusé a explosé d'un coup. Il s'est mis à sauter sur place comme une grenouille en criant : "Mais tu es fou, il nous proposait de nous ramener en bas et en plus c'était gratuit !". La vidéo qui suit est un régal ... pour moi !

Vidéo : La révolte

Heureusement, l'observatoire est à 2800 m et pas à 2900 m. En plus la pente est devenue plus douce et le vent a faibli, facilitant notre progression. Vers 16h, après 3 h 1/2 de marche, nous sommes enfin arrivés à l'observatoire pour souffler (où plutôt faire semblant de souffler) les bougies d'anniversaire. Le paysage est lunaire sans aucune végétation avec le cratère central en toile de fond.

Curieusement, le retour a été plus facile et nous n'avons mis que 2 h pour retourner à la voiture, avec le sourire sur tous les visages en prime : c'est bon quand ça s'arrète !

Vidéo : L'excursion complète (8mn30)

Alain

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