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Le voyage en Croatie

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20-24 juin 2010 : Hvar

Sur les conseils de José nous avons décidé de visiter Hvar, une cité fortifiée. Après une courte navigation de 35 nm, et un passage devant une Hvar très encombrée ce jour la, nous sommes allés poser l'ancre dans une petite crique située entre les îles Planikovak et Marinkovac à 1 nm au sud-ouest de Hvar. Fidèles à nos habitudes nous avons déroulé une bonne longueur de chaine (35 mètres pour 8 mètres de fond) et j'ai demandé à Marie d'envoyer un coup de marche arrière pour vérifier la tenue de l'ancre. Et la surprise, la chaine s'est mise à tressauter signalant le dérapage de la spade (notre modèle d'ancre). Ca nous arrive rarement, mais je me suis dit que j'avais dû la poser dans des posidonies. Nous avons recommencé la manoeuvre et à nouveau l'ancre a chassé !

Je me sentais frustré d'avoir encore raté une manoeuvre que d'habitude nous réussissons plutôt bien, lorsque le skipper du bateau voisin (un superbe sloop suédois d'au moins 20 mètres) est venu m'appeler (en anglais) :

Avec la barrière de la langue, je me suis demandé si j'avais bien compris. Cette remarque (peut-être mal interprétée) a titillé ma frustration naissante pour la transformer en agacement épanoui. Nous avons recommencé la manoeuvre pour la 3ème fois mais sans tirer sur le mouillage cette fois-ci, et malgré la fraicheur qui s'installait, j'ai mis mes palmes et chaussé mon masque pour explorer ce fond récalcitrant. Et j'ai compris les raisons de notre infortune mais aussi celle de nos voisins : sur ce fond mélé de posidonies et de sable compact chargé de cailloux, tous les bateaux ayant des ancres du type soc de charrue (CQR, delta, spade, ...) dérapaient plus ou moins lentement. Seules semblaient tenir (pour le moment) les ancres plates. D'ailleurs, le superbe sloop Suédois avait une ancre CQR de la même taille que ma Spade (pour au moins 2 fois le poids de Kashaya), que j'ai regardé déraper avec délices pendant quelques minutes. Quant à notre Spade, elle avait réussi à planter sa pointe, me laissant espérer, sans trop d'illusions, une accroche acceptable.

En revenant sur Kashaya, j'ai observé un long sillon tracé sur le fond par l'ancre de notre voisin arrière. Son bateau dérapait allègrement en s'approchant dangereusement des rochers, alors que les propriétaires étaient partis manger au restaurant à coté. Encore dégoulinant, j'ai sauté dans Minnie pour faire le tour des tables en tenue légère et prévenir le propriétaire qui est rentré ventre à terre.

Après avoir programmé toutes les alarmes du bord (sondeur et GPS) nous nous sommes préparés à passer une nuit animée. Déja, dans la soirée, un monocoque est allé dansé la sarabande avec 2 catamarans mouillés à couple. Il leur a fallu une petite heure pour déméler leurs ancres et probablement faire le constat. Puis sur le petit matin, le vent est monté. Mon alarme la plus efficace, Marie, s'est immédiatement déclenchée et n'a pas tardé à venir me tirer par les pieds : Minou, ça dérape autour de nous !

Effectivement, plusieurs bateaux reculaient dont un Bavaria de location qui est venu se frotter à un superbe Halbert-Rassy accroché à un corps-mort. Plus tard, le propriètaire du Halbert Rassy, un allemand, m'a expliqué que lui n'avait quasiment rien. Par contre à son avis, au vu des dégâts subit par le Bavaria, il devait être fabriqué en papier maché !

A notre tribord se trouvait un bateau de régate italien dont l'équipage avait veillé toute la nuit et qui semblait bien tenir. Et devant nous, il y avait ... notre suédois que je surveillais attentivement. C'aurait été un comble qu'il vienne nous accrocher après ce qu'il s'était permis de dire ! Petit à petit, il reculait, reculait, jusqu'au moment où, vers 7h, le skipper a relevé l'annexe, enfilé sa veste de quart et remonté son ancre comme si de rien n'était.

Je me suis équipé de mon plus beau sourire et lorsqu'il est passé à coté de nous je lui ai lancé un "Good-bye" sonore. Il a pris l'air dégagé et a fait comme s'il ne m'entendait pas. Alors j'ai monté le régime des cordes vocales et toujours avec un grand sourire, dans un élan de "french-mesquinerie", j'ai envoyé un autre "Good-bye" que toute la baie a entendu. Avec l'air pincé de celui qui vient de se faire prendre quittant les toilettes sans s'être lavé les mains, il m'a renvoyé mon "Good-bye" du bout des lèvres et a fui vers de nouvelles aventures.

Je ne suis pas certains d'avoir été très objectif dans cette affaire, mais j'avoue que le dénouement a été très agréable (pour moi). Maintenant, si vous passez sur ce site et que j'ai mal interprété vos paroles, recevez toutes mes excuses Monsieur le Suédois.

Une heure plus tard, mon karma qui veillait au grain, s'est assuré que je sois puni. Notre voisin italien qui avait si bien veillé toute la nuit a commencé à déraper. Malgré les signes, il a tardé à reprendre son mouillage jusqu'à ce qu'une rafale plus forte l'envoie vers nous. Il a alors immédiatement relevé son ancre, mais au passage a accroché notre chaine, nous faisant déraper à notre tour. Pendant que nous remontions l'ancre, il est passé à coté de nous avec une moue désolée et un petit geste d'excuse. Ca arrive, on ne peut pas réussir à tous les coups !

L'heure suivante, nous avons visité les criques environnantes , sans succés, il y avait décidément trop de fond (20 mètres en moyenne), pour finalement revenir dans celle-ci.

Le petit coup de vent avait fait le ménage et il ne restait plus que les bateaux sur corps-mort. Nous avons mouillé par 5 mètres de fond en visant une tache claire (de sable) pour poser notre ancre. 3 heures plus tard une floppée de bateaux est arrivée pour se garer comme sur le parking de Carrouf. Ils sont comme ça les Croates : OR.DON.NES.

Pendant ce temps, les gnafrons s'adonnaient à leur activité intellectuelle favorite :

Nous sommes restés 2 jours dans cette crique si particulière. La nuit de préférence (c'est bien plus amusant que de jour), malgré un vent régulier de 10 à 15 kt, certains bateaux se plaçaient en travers du vent chaine tendue sur le côté, alors que d'autres restaient face au vent. Puis ils revenaient dans le droit chemin pour recommencer un moment plus tard. La première nuit, nous avons même observé Kashaya remontant sur sa chaine pendant plusieurs heures, dos au vent. Du jamais vu !

J'ai mis longtemps à comprendre ce phénomène étrange. Pour moi, jusqu'à ce jour, un bateau au mouillage devait se placer face au vent surtout s'il est bien établi. Puis d'un coup j'ai eu une illumination, j'ai sauté sur le loch, enlevé le cache, et découvert le pot aux roses : de part la configuration de la crique, un fort courant (0,5 à 1 kt) y entre en permanence, mais uniquement à certains endroits. Lorsqu'on mouille en bordure de ce courant, le bateau y entre, en ressort de façon aléatoire, provoquant ce comportement erratique et l'inquiétude des skippers (et de Marie) lorsque les rayons d'évitage ne sont plus respectés.

Après 2 journées passées là sans avoir pu visiter Hvar, nous nous sommes décidés à changer de mouillage pour aller mouiller à la bermudienne (ancre à l'avant et amarres attachées à terre) à "Luka Vela Garska" par 24 m de fond. Deux jours plus tard, le vent s'étant calmé et le mouillage semblant tenir, nous nous sommes décidés à enfin aller visiter Hvar à presque 2 nm.

Au bout d'une heure de course, inquiet malgré tout, j'ai pris pour prétexte de rapporter nos fruits, légumes et compagnie pour retourner voir Kashaya avec Damien. Il nous attendait sagement là où nous l'avions laissé comme un brave toutou au bout de sa laisse.

Rassuré, j'ai enfin pu apprécier la visite de la cité en compagnie de mon troupeau.

Bien sur, nous n'avons pas pu résister à l'appel de la forteresse "Spanjola" qui surplombe la ville ainsi que de ses oubliettes, même si un évènement terrible à failli s'y dérouler (voir vidéo) ! Depuis Damien se précipite pour débarrasser la table et laver la vaisselle après chaque repas ...

Vidéo : La forteresse de Hvar ... et ses oubliettes (4 mn)

Alain

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